
Le chiffre de départ donne le vertige : 242 gorilles de montagne recensés dans les Virunga en 1981, au plus bas d’un déclin jugé irréversible. Le recensement de 2016 en a compté 604. Et juste à côté, du côté ougandais du parc, à Bwindi-Sarambwe, on en comptait 459 en 2018. Cela nous donne un total mondial de 1.063 individus ! Il s’agit de la seule population de grands singes dont les effectifs augmentent ! En novembre 2018, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a fait passer la sous-espèce de « en danger critique » à « en danger », tout en prévenant que « les actions de conservation doivent se poursuivre ». Bref, c’est sur la bonne voie !
Le trekking, colonne vertébrale du financement
Si vous désirez voir les gorilles de montagne en liberté, vous n’avez pas le choix : il faudra vous diriger vers le parc national des volcans. Et en mai 2017, le Rwanda a doublé le prix du permis de trekking : de 750 à 1.500 dollars. Cela fait beaucoup de sous, mais il y a là un certain monopole naturel… Et le pari fut gagné : 685 millions de dollars de recettes touristiques en 2025, contre 647 millions en 2024, pour 1,49 million de visiteurs ! Le 4 septembre 2026, une cérémonie a d’ailleurs baptisé 22 bébés gorilles à Kinigi, portant le total à 460 depuis 2005…
Deux milliards de francs rwandais pour les voisins du parc
La hausse du permis s’est accompagnée d’un geste politique : la part des revenus touristiques reversée aux communautés riveraines est passée de 5 à 10 %. En 2026, 1,98 milliard de francs rwandais ont été ainsi récoltés pour les communautés locales ! Sur 20 ans, le programme revendique plus de 23 milliards de francs rwandais investis dans près de 1.300 projets communautaires, comme des écoles.
Oui, le tourisme permet de préserver ces gorilles !
Le tourisme, ou plutôt l’argent du tourisme, a donc permis de financer la préservation de ces gorilles. Quand l’UICN détaille les causes du redressement, elle cite les patrouilles anti-braconnage, le retrait systématique des collets, les interventions vétérinaires de terrain en pleine forêt et une coopération transfrontalière maintenue entre le Rwanda, l’Ouganda et la RDC malgré les guerres. Et oui, le tourisme paie une grande partie de ces dispositifs…
Dépendance, virus et expropriations : le revers du modèle
Tout n’est pas rose cependant car le risque sanitaire, lui, reste bien réel. Et puis, il y a le prix humain. L’agrandissement du parc des Volcans porte sur 3.740 hectares d’habitat supplémentaire et 6.620 hectares de zones tampon, dans un programme de 300 millions de dollars sur dix ans. Concrètement, 547 ménages ont dû déménager et abandonner leurs terres agricoles…