Alors que le Japon débat encore sur sa succession impériale, la règle reste claire : le trône demeure réservé aux hommes.
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La Première ministre Sanae Takaichi l’a réaffirmé devant le Parlement : le trône impérial japonais restera inaccessible aux femmes. En s’appuyant sur les conclusions d’un groupe d’experts de 2021, elle a confirmé le maintien d’une succession masculine stricte !
Une règle claire : seuls les hommes héritent
Au Japon, l’ordre de succession repose sur la loi de la Maison impériale de 1947. Résultat : seules les personnes de sexe masculin issues de la lignée paternelle peuvent monter sur le trône du Chrysanthème.
Aujourd’hui, l’empereur Naruhito règne depuis 2019. Sa fille, la princesse Aiko, n’est pas éligible. Le premier dans l’ordre de succession est le prince héritier Akishino, frère cadet de l’empereur, suivi de son fils, le prince Hisahito.
Un système qui réduit drastiquement le nombre d’héritiers potentiels et alimente, depuis des années, le débat public. Les sondages montrent régulièrement qu’une majorité de Japonais seraient favorables à une impératrice régnante. Mais le Parti libéral-démocrate, pilier conservateur du pouvoir, campe sur la tradition !
Une dynastie vieille de plus de 2.600 ans
Pour comprendre l’attachement à la lignée masculine, il faut remonter loin. Très loin ! La monarchie japonaise débute en 660 av. J.-C. avec l’empereur mythique Jimmu, descendant de la déesse solaire Amaterasu. Si l’historicité des premiers souverains relève davantage du récit fondateur que de l’archive, la dynastie impériale japonaise est considérée comme la plus ancienne au monde encore en place !
Au fil des siècles, le rôle de l’empereur a radicalement changé. Durant certaines périodes, notamment à l’époque des shoguns, le pouvoir réel appartenait aux chefs militaires, tandis que l’empereur conservait une fonction essentiellement symbolique et religieuse.
Des femmes ont déjà régné
Paradoxe intéressant : l’histoire japonaise a déjà connu huit impératrices régnantes. Entre le VIIe et le XVIIIe siècle, plusieurs femmes ont occupé le trône, comme l’impératrice Suiko ou l’impératrice Go-Sakuramachi.
Mais ces règnes étaient souvent perçus comme transitoires, en attendant un héritier masculin. Et surtout, aucun de leurs descendants féminins n’a transmis la couronne. La règle actuelle insiste précisément sur la continuité de la lignée masculine ininterrompue.
Quel est le pouvoir réel de l’empereur aujourd’hui ?
Depuis la Constitution de 1947, adoptée après la Seconde Guerre mondiale, l’empereur n’a plus de pouvoir politique. Il est défini comme « le symbole de l’État et de l’unité du peuple ». Concrètement, il accomplit des fonctions protocolaires : promulgation des lois, nomination formelle du Premier ministre, réception des chefs d’État étrangers, participation aux cérémonies nationales. Il ne gouverne pas. Une évolution qui marque une rupture majeure avec la période d’avant-guerre, lorsque l’empereur était considéré comme sacré et détenteur d’une autorité politique suprême.