Alors que la Seconde Guerre mondiale ravage encore l’Europe, le Vésuve entre en éruption. Nous sommes le 19 mars 1944 et des fontaines de lave jaillissent du cratère !

Une épaisse colonne de fumée obscurcit le ciel et des pluies de cendres recouvrent les villages alentour. Les habitants, déjà confrontés aux bombardements, aux pénuries et aux déplacements de troupes, découvrent qu’ils doivent désormais composer avec un adversaire supplémentaire…
Naples, entre deux désastres
La région traverse alors une période particulièrement difficile. Naples a été libérée de l’occupation allemande quelques mois plus tôt, après les célèbres « Quatre Journées de Naples » de septembre 1943. Les forces alliées contrôlent désormais le sud de l’Italie, mais les combats se poursuivent plus au nord, notamment autour du mont Cassin.
La ville et ses environs portent encore les cicatrices des bombardements. Les logements manquent, les vivres sont rationnés et les infrastructures sont en partie détruites. Malgré tout, la population tente de retrouver une certaine normalité.
Sur les hauteurs, le Vésuve fume régulièrement. Les habitants y sont habitués : le volcan connaît depuis plusieurs années une activité presque continue. Mais le 18 mars 1944, les signes deviennent nettement plus inquiétants. Le lendemain, l’éruption prend une ampleur spectaculaire. Le géant napolitain, manifestement peu impressionné par l’actualité internationale, décide d’occuper lui aussi la une !

Des villages sous la lave et les cendres
Des coulées de lave descendent sur les flancs du volcan. Elles atteignent notamment San Sebastiano al Vesuvio et Massa di Somma, détruisant des habitations, des cultures et des bâtiments publics. Des milliers de personnes doivent quitter leur maison en urgence !
Plus loin, ce ne sont pas les coulées qui menacent, mais les projections volcaniques et les pluies de cendres. Sous leur poids, des toitures s’effondrent. Une vingtaine de personnes perdent la vie, tandis que plusieurs milliers d’habitants se retrouvent sans abri !
Les évacuations s’organisent dans une grande confusion. Des familles emportent ce qu’elles peuvent, souvent quelques vêtements, des couvertures ou des objets religieux. Les soldats alliés participent aux opérations de secours, transportant les sinistrés dans des véhicules militaires. Pendant quelques jours, la guerre semble presque passer au second plan.

Une escadrille vaincue sans combat
Le volcan réserve également une mauvaise surprise aux forces américaines. À proximité de Pompéi, le 340e groupe de bombardement de l’US Army Air Forces a installé ses avions B-25 Mitchell sur un terrain d’aviation.
Lorsque les cendres commencent à tomber, les militaires tentent de protéger les appareils. Mais les particules volcaniques s’infiltrent partout, endommagent les moteurs et s’accumulent sur les ailes. Près de 80 appareils auraient ainsi été perdus ou gravement endommagés.
Un volcan seulement endormi
L’éruption se poursuit jusqu’au début du mois d’avril, avant que l’activité ne diminue progressivement. Elle reste la dernière éruption du Vésuve à ce jour. Depuis 1944, le volcan semble calme. Mais sous la baie de Naples, le magma n’a pas disparu. Des millions de personnes vivent aujourd’hui à proximité immédiate de ses pentes, dans l’une des zones volcaniques les plus surveillées du monde.