À Bruxelles, l’immense majorité des logements entiers sur Airbnb seraient… illégaux !

Selon une enquête de Bruzz, publiée mercredi, plus de 90 % des logements entiers proposés sur la plateforme à Bruxelles seraient loués illégalement. En cause : un cadre réglementaire strict, et surtout un obstacle de taille, le fameux permis d’urbanisme !
Pourquoi autant de locations touristiques seraient hors cadre ?
À Bruxelles, louer un studio, un appartement ou une maison à des touristes pour une durée de moins de trois mois ne se fait pas en un clic. Les propriétaires doivent obtenir plusieurs attestations, s’enregistrer auprès de Bruxelles Économie et Emploi ainsi qu’auprès de l’administration fiscale bruxelloise.
Le document qui bloque tout
Le nœud du problème, c’est le permis d’urbanisme. Ce document autorise le changement d’affectation d’un logement résidentiel vers un usage d’hébergement touristique. Or, il est généralement refusé, afin de protéger le marché locatif destiné aux habitants permanents.
Résultat : beaucoup de propriétaires passeraient outre. Bruzz a croisé les chiffres régionaux des hébergements enregistrés avec le nombre d’annonces actives sur Airbnb. Conclusion : au moins neuf logements entiers sur dix seraient proposés sans autorisation complète. Et ce serait même une estimation prudente !
Un enjeu qui dépasse le simple séjour de week-end
Pour les visiteurs, cela ne change pas forcément l’expérience sur le moment : la clé est là, le canapé aussi et la machine à café parfois. Mais pour la ville, le sujet est nettement plus lourd, car il touche à l’équilibre entre tourisme, logement et qualité de vie des résidents. Le ministre-président de la Région, Boris Dilliès (MR), également chargé du Tourisme, a annoncé vouloir renforcer les règles applicables à la location de logements entiers.