Au sud du Mexique, une tombe zapotèque de… 1.400 ans a été retrouvée intacte !
Une tombe vieille d’environ 1.400 ans, richement décorée et remarquablement conservée, a récemment été mise au jour dans l’État d’Oaxaca, au Mexique. Une annonce qui n’a pas tardé à faire du bruit : la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a parlé de « la découverte archéologique la plus importante de la dernière décennie au Mexique » !
Située à San Pablo Huitzo, la tombe appartenait à la civilisation zapotèque, l’un des grands piliers culturels du sud du Mexique préhispanique. Peintures murales, frises sculptées, inscriptions calendaires : le site a traversé les siècles sans trop de dommages, ce qui relève presque du miracle archéologique.
Une tombe qui parle
À l’entrée de l’antichambre, une chouette attire immédiatement l’attention. Chez les Zapotèques, cet animal symbolisait la nuit et la mort. Son bec recouvre le visage d’une figure humaine, probablement un personnage de haut rang à qui le complexe funéraire était dédié. Un détail loin d’être anecdotique : chez les Zapotèques, l’iconographie n’est jamais décorative par hasard.
La ministre de la Culture, Claudia Curiel, a qualifié la trouvaille de « découverte extraordinaire », soulignant son état de conservation exceptionnel. Selon elle, la tombe offre un aperçu précieux de leur organisation sociale, de leurs rituels funéraires et de leur vision du monde, autant d’éléments rarement accessibles avec un tel niveau de détail.
Qui étaient vraiment les Zapotèques ?
La civilisation zapotèque s’est développée entre environ 500 av. J.-C. et 900 apr. J.-C., avec un apogée situé entre 300 et 900 de notre ère. Installés principalement dans les vallées d’Oaxaca, les Zapotèques ont bâti une société structurée, dotée d’un système d’écriture, de calendriers complexes et d’une architecture monumentale.
Ils étaient aussi de fins observateurs du temps et des astres. Leurs inscriptions calendaires, retrouvées dans cette tombe, confirment l’importance du rituel, de la généalogie et du rapport au sacré dans leur quotidien. La mort n’était pas une fin, mais une transition soigneusement mise en scène.
Monte Albán, capitale sur les hauteurs
Impossible d’évoquer les Zapotèques sans parler de Monte Albán, leur capitale emblématique. Construite sur un plateau artificiel dominant les vallées, la cité a compté jusqu’à 35.000 habitants, un chiffre impressionnant pour l’époque.
Centre politique, religieux et militaire, Monte Albán concentrait le pouvoir zapotèque. Temples, places cérémonielles, tombes richement ornées : tout y exprimait la hiérarchie sociale et la relation entre les vivants et les ancêtres. Le site est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987.