Une croisière sur le Rhin ou le Danube, c’est normalement la promesse de regarder défiler châteaux et vignobles depuis le pont, un verre à la main. Beaucoup moins celle d’admirer l’autoroute depuis un autocar ! Pourtant, la sécheresse de l’été 2026 oblige plusieurs compagnies à jongler avec les itinéraires, les changements de navire et parfois les annulations !
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Et la situation n’est pas anecdotique, on a tous vécu un été hors du commun, extraordinairement chaud et sec ! Ce qui n’a pas été sans conséquence sur certaines activités touristiques… Le Centre commun de recherche de la Commission européenne indiquait d’ailleurs mi-août que la sécheresse et les vagues de chaleur avaient poussé le Rhin, le Danube, la Loire et le Pô à des niveaux exceptionnellement bas. Fin août, les conditions restent critiques dans une large partie de l’Europe et notamment dans le bassin du Danube.
Des bateaux qui naviguent… jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus !
Quelques sections particulièrement peu profondes peuvent suffire à bloquer un itinéraire entier pour un croisiériste ! Sur le Rhin, Kaub, entre Mayence et Coblence, est l’un de ces points sensibles. Le 27 août au matin, la station officielle allemande de Kaub affichait une… soixantaine de centimètres ! Certes, ce chiffre correspond au niveau de la jauge et non à la profondeur réellement disponible sous la coque d’un bateau. Il donne néanmoins une bonne idée de la tension actuelle sur la navigation !
Résultat : ben, forcément, les compagnies improvisent. Certaines font passer les voyageurs d’un navire à un autre de part et d’autre d’une zone difficile. D’autres modifient ajoutent des transferts routiers ou recomposent une partie du voyage… AmaWaterways assume de son côté une stratégie consistant à adapter plutôt qu’annuler, avec changements d’itinéraire, navires de remplacement et, si nécessaire, portions effectuées… en autocar !
Riviera Travel a choisi une approche plus radicale. Comme le rapporte PAX News, la compagnie a suspendu les ventes de certaines croisières sur le Rhin et le Danube jusqu’au 13 septembre et avait déjà annulé 17 départs. Elle promet notamment de ne pas transformer une croisière fluviale en « vacances en autocar » avec de longs transferts répétés !
Croisière annulée : est-on remboursé ?
Une croisière de plusieurs jours comprenant transport et hébergement correspond généralement aux critères d’un voyage à forfait. Et cette qualification est importante, car elle offre une protection nettement plus solide qu’un simple billet de transport ! Selon le SPF Économie, un forfait combine au moins deux services de voyage, par exemple transport et logement.
Si l’organisateur annule complètement le voyage parce qu’il ne peut plus l’exécuter en raison de circonstances exceptionnelles et inévitables, il doit rembourser les sommes payées. En Belgique, le délai prévu est en principe de 14 jours. En cas de force majeure, le voyageur n’a toutefois pas automatiquement droit à une indemnité supplémentaire.
Et si la croisière devient surtout un voyage en car ?
C’est le scénario beaucoup plus délicat. Un changement de quai ou une escale déplacée de quelques kilomètres peut être considéré comme mineur. Mais si une grande partie de la navigation disparaît au profit de transferts en autocar, plusieurs escales importantes sont supprimées ou l’expérience promise est fondamentalement transformée, il peut s’agir d’une modification majeure d’un élément essentiel du forfait.
Dans ce cas, avant le départ, le droit belge prévoit que « le voyageur puisse accepter la modification, choisir éventuellement un autre forfait proposé ou refuser la modification et résilier sans frais. Les paiements doivent alors être remboursés dans les 14 jours. Si une solution moins qualitative est acceptée, une réduction de prix adéquate peut être due ».
Une fois parti, l’organisateur doit chercher des prestations alternatives comparables. Si elles sont de qualité inférieure, une réduction de prix peut également être réclamée. En revanche, mieux vaut éviter d’annuler soi-même simplement parce que « le Rhin a l’air bas sur les photos ». La simple crainte que le voyage ne puisse avoir lieu ne suffit pas pour réclamer un remboursement !
Alors, vaut-il mieux réserver via une agence ?
Vu les événements qui se produisent en ce moment, passer par une agence de voyages, comme Vacancesweb, a un avantage très concret : avoir un professionnel à appeler lorsque l’itinéraire ne ressemble plus à rien !
Cela ne crée pas magiquement un droit au remboursement supplémentaire, mais une agence belge doit notamment transmettre rapidement les demandes et plaintes à l’organisateur et est responsable des erreurs liées à sa propre intervention. Dans certains cas, lorsqu’elle vend le forfait d’un organisateur établi hors de l’Espace économique européen, sa responsabilité peut même être plus étendue !