Une inscription vieille de plus de 3.000 ans relance une énigme archéologique : où se cachait réellement la cité de Masn ?
Un morceau de grès pourrait bien faire bouger les cartes de l’Égypte antique. À Tell Abu Seifi, dans la région de Qantara Est, près du canal de Suez, des archéologues égyptiens ont mis au jour un imposant linteau portant les titres du pharaon Ramsès II. Plus intéressant encore : l’inscription évoque la restauration d’une statue d’Horus, « Seigneur de Mesen ». Ce que tout cela signifie concrètement ? On vous explique !
Mesen (également orthographiée Masn) apparaît dans des textes datant du Nouvel Empire, il y a plus de 3.000 ans. Mais sa localisation exacte fait débat depuis la fin du XIXe siècle ! Cette nouvelle découverte renforce désormais sérieusement l’hypothèse selon laquelle Tell Abu Seifi pourrait correspondre à cette cité disparue…
Une ville sur une autoroute militaire antique
L’enjeu dépasse largement le plaisir de remettre un nom sur une carte. Masn aurait été située le long de la route militaire d’Horus, l’axe stratégique qui reliait le delta du Nil au Sinaï puis à Canaan. Cette voie était jalonnée de forteresses, de postes administratifs et de points de ravitaillement destinés à contrôler la frontière orientale de l’Égypte.
Les fouilles de Tell Abu Seifi révèlent justement un site à la carrière plutôt chargée ! Les chercheurs ont identifié une vaste enceinte en briques crues, plusieurs salles de stockage, des espaces de service et les vestiges d’un sanctuaire. Deux routes pavées successives témoignent également de l’évolution du lieu entre les périodes ptolémaïque et romaine.
Temple, caserne… puis carrière
Le site n’a visiblement pas chômé, mais il a connu une vraie dégringolade dans son importance… Son temple connaît son apogée sous les Ptolémées avant que certaines parties soient transformées, au IIIe siècle, en caserne militaire romaine. Plus tard, le secteur est utilisé pour… produire de la chaux : deux grands fours ont même été installés sur une partie de l’ancien sanctuaire !
Pour les archéologues, le fameux linteau de Ramsès II constitue donc une pièce particulièrement prometteuse du puzzle. Mais Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, reste prudent : les recherches doivent se poursuivre avant de pouvoir affirmer que Tell Abu Seifi est bien Masn.