Chaque soir, les manchots de Phillip Island offrent un spectacle unique en son genre ! Mais cette parade est désormais menacée… parce que les manchots le sont !
C’est l’un de ces spectacles que l’Australie n’a pas eu besoin d’inventer pour attirer les touristes. Chaque soir, au coucher du soleil, des centaines de manchots pygmées sortent de l’océan à Phillip Island, à environ 90 minutes de Melbourne. Ils traversent Summerland Beach en petits groupes avant de regagner leurs terriers dans les dunes ! Bienvenue à la Penguin Parade, l’une des attractions animalières les plus célèbres du pays !
Et ses vedettes portent plutôt bien leur nom. Le manchot pygmée, ou little penguin, mesure environ 30 centimètres et pèse autour de 1,5 kilo : c’est le plus petit manchot au monde. La colonie de Phillip Island compte environ 40.000 individus et leur retour quotidien sur la plage peut être observé depuis des gradins et des passerelles spécialement aménagés. Phillip Island Nature Parks décrit d’ailleurs la parade comme un phénomène naturel se produisant chaque soir de l’année ! Bref, une véritable institution locale. Et aujourd’hui, une institution sous surveillance.
La grippe aviaire sur Phillip Island
Le 15 août 2026, les autorités australiennes ont confirmé la mort d’un manchot pygmée infecté par la grippe aviaire H5, sur Phillip Island. Il s’agissait du premier décès confirmé de ce type chez l’espèce en Australie. L’animal avait été retrouvé en dehors de la zone où se déroule la Penguin Parade, mais sa présence sur l’île a immédiatement fait grimper le niveau d’inquiétude ! Car les manchots vivent et nichent en colonie, ce qui peut favoriser une rapide propagation du virus…
Une modélisation de l’Arthur Rylah Institute, organisme de recherche du gouvernement de Victoria, estime que dans le pire des cas, une épidémie de H5N1 pourrait tuer 20 à 40 % des manchots de Phillip Island, soit entre 8.000 et 16.000 oiseaux !
La solution ? Vacciner 5.000 manchots… à la main
Pour éviter ce scénario, le Victoria a donc lancé une opération plutôt inhabituelle : vacciner plus de 5.000 manchots pygmées à Phillip Island et à St Kilda, près de Melbourne. Et contrairement à une campagne de vaccination classique, impossible d’envoyer une invitation par courrier ! Chaque manchot doit être capturé et manipulé individuellement. L’opération est d’autant plus délicate qu’il faut administrer deux doses !
Heureusement pour les vétérinaires, ces oiseaux ont une habitude bien pratique : ils reviennent régulièrement vers la même colonie et souvent vers le même terrier, ce qui permet aux équipes de les identifier et de les retrouver pour la seconde injection.
Le vaccin ne devrait pas empêcher le virus de circuler totalement. L’objectif est surtout d’en réduire l’impact, parallèlement aux mesures de biosécurité et de surveillance.