Vous allez certainement me répondre : « l’Arabie Saoudite ? Vous n’y pensez-pas ! » Et bien si ! Je vous y emmène car bien au contraire, même si cette destination contrastée ne va pas de soi, il y a de quoi être étonné à bien des égards.

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Que connaît-en en effet de ce pays grand comme quatre fois la France et ouvert sur deux mers intérieures ? Si voyager c’est découvrir, c’est aussi reconnaître sa méconnaissance et dépasser ses a priori. Car le pays évolue, rapidement, et ne s’agit pas uniquement de redorer l’image d’une pétromonarchie longtemps vieillissante et adossée à des autorités religieuses ultraconservatrices.

De fait, le pays comprend La Mecque et Médine, les deux principaux lieux saints de l’Islam, et assure la logistique des pèlerinages sunnites, dimension religieuse qui fait partie de l’ADN de la monarchie saoudienne. Mais, poussée par une jeunesse désireuse de changement et par l’exemple des pays du golfe arabo-persique, l’Arabie Saoudite a décidé de diversifier ses ressources et de s’ouvrir au monde : les autorités sont désormais soucieuses de restaurer son patrimoine ethnographique longtemps négligé et de mettre en valeur des paysages naturels intouchés ; le pays s’est ainsi depuis peu ouvert à la recherche archéologique et découvre, avec fierté et surprise, son exceptionnel patrimoine.

Désormais ouverte aux non-musulmans, l’Arabie Saoudite se projette dans l’avenir et entre radicalement dans le XXIe siècle : métro aérien automatisé de Riyadh, TGV reliant La Mecque, Jeddah et Médine, nouveaux aéroports, nouveaux musées, infrastructures hôtelières dernier cri, tout est désormais en place pour accueillir les visiteurs prêts à découvrir un monde longtemps resté inaccessible.

J’aurai le plaisir en tant que professeur et archéologue ayant travaillé sur des sites en Arabie Saoudite et en Jordanie d’accompagner ce voyage LE SOIR.

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Laurent Tholbecq

Docteur en Philosophie et Lettres, Histoire de l’Art et archéologie de l’Université Catholique de Louvain, Laurent Tholbecq, occupe depuis 2007 la Chaire d’archéologie des Provinces romaines de l’ULB.  Laurent Tholbecq a soutenu en 2004 une thèse de doctorat intitulée Le Temple nabatéen et est, depuis 2001, chercheur associé à l’équipe OrAM du CNRS à Nanterre.