Va-t-il falloir venir au minimum 4 heures à l’avance cet été ? C’est ce que craignent les acteurs du secteur aérien…
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Le système d’entrée-sortie (EES) est progressivement installé aux frontières extérieures de 29 pays européens. Son objectif : moderniser le contrôle aux frontières, mieux tracer les entrées et sorties et remplacer les traditionnels tampons dans les passeports.
À l’Aéroport de Bruxelles, par exemple, de nouvelles bornes automatiques et des caméras de reconnaissance faciale ont déjà fait leur apparition. Le déploiement a débuté en octobre et doit se poursuivre jusqu’en avril. Sur le papier, l’idée est simple : fluidifier les passages tout en renforçant la sécurité. Dans les faits, le secteur aérien estime que la promesse est loin d’être tenue.
Trois poids lourds du secteur montent au créneau
Dans une lettre adressée au commissaire européen Magnus Brunner, trois organisations majeures dénoncent les effets du dispositif, à savoir Airports Council International Europe, Airlines for Europe et International Air Transport Association. Leur message nous fait un brin trembler : ces organisations évoquent un risque de retards massifs et demandent des ajustements urgents.
Elles écrivent : « Il existe un décalage total entre la perception des institutions européennes, selon laquelle le système d’entrée-sortie fonctionne correctement, et la réalité. Celle-ci montre que les voyageurs hors UE subissent des retards massifs et des désagréments. Cela doit cesser immédiatement ». Ambiance…
Un contrôle plus long pour chaque passager
Le nouveau système implique l’enregistrement de données biométriques (empreintes digitales, image faciale). Lors d’une première utilisation, la procédure prend plus de temps qu’un simple tampon. Multipliez cela par des centaines de passagers sur un vol long-courrier, puis par des dizaines de vols quotidiens… et vous obtenez des files qui s’allongent dangereusement.
L’effet été : le cocktail explosif
L’été est déjà une période sous pression pour les aéroports européens. Entre afflux touristique, manque de personnel et pics de trafic, l’équilibre est fragile. Ajouter un dispositif encore en phase de rodage pourrait créer un embouteillage grandeur nature dans les zones de contrôle. Les organisations parlent d’attentes supérieures à quatre heures dans certains hubs si rien n’est ajusté.
Bref, toute la question est de savoir comment concilier sécurité renforcée et expérience passager fluide… Le véritable test aura lieu cet été. Si les craintes se confirment, la pression politique pourrait rapidement monter. Car dans un aéroport bondé, la patience n’est pas une ressource inépuisable…