Tourisme mondial : record historique… et nerfs à vif pour 2026

10-02-2026
Jamais autant de voyageurs n’avaient franchi les frontières. Mais que cachent les chiffres ?
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C’est officiel : le tourisme mondial a signé une année historique. Selon une estimation publiée par ONU Tourisme, 1,52 milliard de touristes internationaux ont voyagé en 2025. Un chiffre en hausse de 4 % par rapport à 2024, déjà marquée par un retour au niveau d’avant-Covid.

« La demande de voyages est restée élevée tout au long de 2025, malgré la forte inflation des services touristiques et l’incertitude liée aux tensions géopolitiques » explique Cheikha Al Nowais, secrétaire générale de l’ONU Tourisme, à l’AFP.

Des recettes en hausse, malgré un contexte tendu

Autre indicateur clé : les recettes touristiques mondiales. Elles ont atteint 1 900 milliards de dollars, en progression de 5 % sur un an. Une croissance franchement extraordinaire… Mais fragile ?

L’Europe reste le cœur battant du tourisme mondial

Sans surprise, l’Europe conserve sa place de première destination mondiale. En 2025, le continent a enregistré 793 millions d’arrivées internationales, soit :

  • +4 % par rapport à 2024
  • +6 % par rapport à 2019

La France et l’Espagne mènent toujours la danse.

Afrique, Asie-Pacifique : la montée en puissance se confirme

D’autres régions affichent une dynamique particulièrement solide :

  • Afrique : +8 % de voyageurs internationaux
  • Asie-Pacifique : +6 %

Le Maroc, désigné comme première destination africaine, a accueilli près de 20 millions de touristes, soit +14 % sur un an. De son côté, le Brésil a enregistré une envolée spectaculaire de +37 % !

Amériques : une croissance freinée

Dans les Amériques, la progression est plus timide : +1 % seulement. En cause, notamment, les faibles performances des États-Unis.

Selon l’ONU Tourisme, la politique menée par l’administration de Donald Trump, jugée peu incitative pour les visiteurs étrangers (notamment en matière de visas), pèse sur l’attractivité du pays.

Géopolitique, climat, surfréquentation : le revers du succès

Si les perspectives pour 2026 restent positives, les alertes se multiplient. « Un secteur aussi étroitement lié à la mobilité internationale est particulièrement vulnérable aux crises sanitaires, géopolitiques ou climatiques » explique Rafael Pampillón, professeur à l’IE Business School, à l’AFP.

Les tensions géopolitiques, les événements climatiques extrêmes et la concentration touristique sur certains sites posent en outre des défis majeurs. En Espagne, par exemple, les vagues de chaleur et le stress hydrique pourraient forcer une adaptation profonde de l’offre touristique. Sans parler des tensions locales liées à la flambée des prix du logement, alimentée par la location de courte durée.

2026 : optimisme prudent

Si le tourisme mondial n’a jamais été aussi fort, il a rarement été aussi exposé