Le 24 août 79, du moins selon la date traditionnellement retenue à partir du témoignage de Pline le Jeune, Pompéi, cité romaine prospère de Campanie, bascule en quelques heures dans l’horreur.
© Iwona Castiello
Vers midi, le Vésuve entre en éruption. D’abord, il pleut de la pierre ponce et des cendres. Puis viennent les gaz brûlants, les nuées et l’asphyxie. En moins de deux jours, Pompéi est ensevelie ; sa voisine Herculanum l’est aussi. Les historiens rappellent toutefois qu’un débat existe aujourd’hui sur la date exacte : plusieurs indices archéologiques, dont une inscription découverte en 2018, plaident pour une éruption plus tardive, peut-être en octobre. Mais le 24 août 79 reste la date la plus célèbre et la plus largement transmise.
Une ville vivante au pied d’un volcan
Avant la catastrophe, Pompéi était une ville animée, située à environ 23 kilomètres au sud-est de Naples, au pied du Vésuve. On y trouve des maisons élégantes, des boutiques, des temples, des thermes, un amphithéâtre, des rues commerçantes. C’est une ville romaine à part entière, confortable, active et suffisamment riche pour attirer les élites comme les commerçants. Le volcan, lui, domine le paysage, mais personne n’imagine encore vraiment ce qu’il peut faire…
Le Vésuve se réveille
Quand l’éruption commence, les habitants voient monter dans le ciel une immense colonne de cendres et de gaz. Au début, beaucoup fuient ; d’autres restent, pensant pouvoir attendre. Très vite, la ville est bombardée de débris volcaniques. Les toits s’effondrent sous le poids de la pierre ponce, les rues deviennent impraticables, l’air se charge de poussière. Le lendemain, des nuées ardentes (des nuages de gaz surchauffés, de cendres et de matériaux volcaniques) déferlent sur la zone ! C’est cette seconde phase qui achève Pompéi : une partie de la population est écrasée, une autre asphyxiée ou foudroyée par la chaleur.
Une catastrophe figée dans le temps
Ce qui rend Pompéi unique, c’est que la ville n’a pas seulement été détruite : elle a été conservée. Ensevelie sous plusieurs mètres de cendres et de matériaux volcaniques, elle a été comme scellée. Des siècles plus tard, les fouilles ont révélé des maisons, des fresques, des objets du quotidien, des inscriptions, des boutiques et surtout les traces très concrètes des victimes ! Le site donne ainsi une image exceptionnellement précise de la vie romaine au moment même où elle a été interrompue. C’est cette capacité à montrer “un instant arrêté” qui a valu aux zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata leur inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Plus qu’une ruine, une mémoire
Pendant longtemps, Pompéi a fasciné parce qu’elle semblait raconter la mort d’une ville entière en un seul coup ! Aujourd’hui, les archéologues nuancent, comme nous venons de vous l’expliquer. D’ailleurs, les recherches continuent et de nouvelles fouilles livrent encore des découvertes. Le site reste l’un des grands laboratoires de l’archéologie mondiale !
Pompéi aujourd’hui
Aujourd’hui, Pompéi est l’un des sites archéologiques les plus visités d’Italie. Le parc officiel propose plusieurs itinéraires dans la ville antique, tandis que l’ensemble Pompéi-Herculanum-Torre Annunziata est protégé par l’UNESCO. Cette popularité est telle que les autorités ont récemment instauré une limite quotidienne de visiteurs pour mieux préserver le site et encadrer la fréquentation…