Des pois, des miroirs et des citrouilles géantes : Amsterdam célèbre dès demain une artiste devenue une icône mondiale.
© Yayoi Kusama
À première vue, son nom ne parlera peut-être pas à tout le monde. Mais montrez une citrouille jaune couverte de pois noirs, une pièce tapissée de miroirs ou une forêt de points colorés et l’image deviendra peut-être plus familière. Yayoi Kusama a laissé une empreinte visuelle difficile à confondre avec celle du voisin.
Le Stedelijk Museum d’Amsterdam a ouvert une vaste rétrospective consacrée à l’artiste japonaise, décédée le 14 août dernier à Tokyo à l’âge de 97 ans. Préparée de son vivant et déjà présentée en Europe, l’exposition devait retracer sa carrière. Sa mort l’a transformée en hommage posthume et Elle restera visible jusqu’au 17 janvier 2027.
Mais qui était Yayoi Kusama ?
Née en 1929 à Matsumoto, au Japon, Kusama part pour New York à la fin des années 1950. Elle y développe ses célèbres « Infinity Nets », organise des happenings, peint des corps et s’impose dans une scène artistique largement dominée par les hommes.
© Yayoi Kusama
Ses pois ne sont pas simplement un motif : l’artiste expliquait qu’elle souffrait depuis l’enfance de visions et d’hallucinations dans lesquelles formes, lumières et points semblaient envahir son environnement. Son travail a transformé ces expériences en une réflexion obsessionnelle sur l’infini, la disparition de soi et l’univers.
Au fil des décennies, ses installations immersives, ses sculptures de citrouilles et ses fameuses Infinity Mirror Rooms l’ont propulsée parmi les artistes contemporains les plus populaires au monde !
Amsterdam n’a pas été choisie au hasard
Kusama entretenait une relation très proche avec les Pays-Bas. Dès les années 1960, elle fréquentait la scène artistique néerlandaise et participa en 1965 à une exposition du mouvement ZERO au Stedelijk. Deux ans plus tard, elle recouvrit de pois le corps nu de l’artiste Jan Schoonhoven lors d’un happening à Schiedam. Amsterdam, alors en pleine effervescence hippie, lui convenait plutôt bien… Discrétion et sobriété n’étaient déjà pas exactement au programme ! Pour cette nouvelle exposition, ses pois débordent d’ailleurs du musée : ils apparaissent jusque sur la façade et autour du Museumplein.
© Yayoi Kusama
Une dernière salle pour perdre ses repères
Le parcours traverse plus de 70 ans de création, avec peintures, sculptures, dessins, mode, collages, installations et documents liés à ses performances. Mais la pièce maîtresse est une spectaculaire Infinity Mirrored Room, remplie de miroirs, de couleurs et d’étranges tentacules jaunes à pois. Quelques semaines après la disparition de Kusama, difficile de ne pas y voir une forme de dernière pirouette !