Du 7 février 2026 au 3 janvier 2027, le Musée des Égouts de Bruxelles sort la tête de l’eau avec Back on Senne. Objectif : rappeler que la Senne, rivière aujourd’hui cachée sous la ville, reste l’une des grandes architectes du paysage bruxellois. Invisible, certes. Inoffensive, plus vraiment. Inactive ? Pas du tout !

L’exposition prend place dans l’un des pavillons d’octroi de la Porte d’Anderlecht : un décor parfaitement choisi pour raconter la trajectoire mouvementée d’un cours d’eau un peu vite oublié !
Avant d’être canalisée, détournée et recouverte, la Senne traversait le cœur de Bruxelles. Elle faisait tourner les moulins, alimentait le commerce et rythmait la vie quotidienne. Dans la première salle, les peintures de Jean-Baptiste Van Moer montrent ce visage d’avant le grand recouvrement du XIXᵉ siècle. À l’époque, l’urbanisation galopante et la pollution transforment progressivement la Senne en égout à ciel ouvert. Odeurs, maladies, inondations : en 1865, la décision tombe : la rivière doit disparaître sous terre.
Enterrée, mais pas oubliée
Back on Senne déroule les étapes suivantes : les politiques environnementales européennes, la directive-cadre sur l’eau, et surtout la construction des stations d’épuration bruxelloises en 2001 et 2007. Résultat : une qualité de l’eau en nette amélioration. Mieux encore, certaines sections ont été remises à ciel ouvert. Les poissons reviennent et les castors aussi !
Une œuvre numérique pour sentir la rivière battre
Point fort de l’exposition : Souterraines, une installation immersive signée Romain Tardy et Coline Cornélis. Au niveau -1, projections laser et nappes sonores donnent corps à la présence cachée de la Senne.
L’œuvre se base sur des données environnementales fournies par Flowbru. Le débit, les variations, les micro-événements du cours d’eau modulent l’installation en temps réel… Ce qui veut dire que les visites ne seront jamais les mêmes !