Onze semaines sans le moindre décollage. En 2028, Brussels South Charleroi Airport baissera totalement le rideau pour reconstruire sa piste unique ! Une première dans l'histoire du deuxième aéroport de Belgique et… un sacré casse-tête pour Ryanair !
© J-L Flémal - BE - stock.adobe.com
Le problème tient en une phrase : Charleroi n’a qu’une seule piste. Pas de doublon, pas de piste de secours, rien pour faire tourner la boutique pendant les travaux. Quand il faut la refaire de fond en comble, il n’existe donc aucun scénario permettant de maintenir les vols commerciaux !
Le revêtement arrive en fin de vie et réclame une reconstruction en profondeur. Au programme : reconstruction complète de la chaussée aéronautique, refonte du système de drainage et renouvellement du balisage, du marquage et des équipements associés. Autant dire qu’on ne bricole pas ça entre deux vols de nuit…
Onze semaines d’un coup, plutôt que trois ans de nuits blanches
C’est le pari technique du chantier. Une fermeture continue d’environ onze semaines permet aux entreprises de travailler 24 heures sur 24, ce qui réduit drastiquement la durée totale par rapport à un chantier fractionné en nuits et week-ends.
Quand, exactement ?
Selon Trends-Tendances, la fermeture s’étalerait entre la mi-août et le mois de novembre 2028. Le calendrier définitif n’est pas encore officiellement connu, mais la fenêtre est cohérente : elle épargne le gros du pic estival tout en évitant l’hiver, période peu commode pour couler de l’enrobé…
Ryanair, Wizz Air : la grande relocalisation
C’est là que ça se corse. Ryanair exploite à Charleroi sa plus importante base belge et Wizz Air ainsi que plusieurs autres compagnies devront elles aussi revoir leur copie. Où iront les avions ? Brussels Airport pourrait absorber une partie du trafic dévié, mais les créneaux disponibles y sont limités. Liège, Lille et Maastricht-Aachen pourraient également jouer un rôle. Ajoutez Eindhoven à la liste des candidats côté néerlandais.
Le vrai enjeu : le retour des passagers
Mais le risque le plus sournois pourrait se situer après la réouverture. Un voyageur habitué à Zaventem ou Lille pendant trois mois reviendra-t-il automatiquement à Gosselies ? Quid, notamment, du rôle de l’aéroport de Liège pendant et après cette période ?