Pensés pour sécuriser les frontières européennes, les contrôles biométriques exposeraient certains passagers à de nouveaux risques…

Alexander Zinell, directeur général de Fraport Greece, l’entreprise qui exploite quatorze aéroports régionaux grecs, notamment à Rhodes, Corfou, Mykonos et en Crète a lancé un gros avertissement ! Interrogé par The Guardian, il qualifie les conditions imposées à certains passagers de « very unpleasant » et même de « dangerous » ! En cause : le nouveau système européen d’entrée et de sortie, plus connu sous le nom d’EES.
Des données biométriques qui prennent du temps
Le dispositif remplace progressivement les cachets dans les passeports par un enregistrement numérique. Les voyageurs venant de pays non membres de l’Union européenne doivent fournir leurs informations d’identité, une image faciale et, selon leur situation, leurs empreintes digitales. Pour la Commission européenne, l’objectif est de mieux identifier les dépassements de séjour, les documents frauduleux et les usurpations d’identité.
Sur le papier, le système doit renforcer la sécurité. Sur le terrain, chaque enregistrement supplémentaire ralentit le passage. Lorsque plusieurs avions atterrissent presque simultanément, la file peut rapidement déborder du terminal !
Dans certains aéroports grecs, des tonnelles ont dû être installées pour protéger les voyageurs du soleil. Les personnes âgées, les familles avec de jeunes enfants et les passagers vulnérables sont prioritaires afin de limiter les malaises.
Bien entendu, les conséquences ne sont pas uniquement médicales. Une attente excessive peut faire manquer une correspondance ou un vol, avec tout ce que cela peut entrainer comme conséquences…
Le secteur aérien réclame davantage de souplesse
Plusieurs organisations du secteur demandent donc à l’Union européenne d’autoriser une suspension préventive de l’EES lorsque les capacités d’un poste-frontière sont dépassées. Dans une lettre ouverte, ACI Europe plaide également pour des procédures mieux adaptées aux périodes de pointe et aux aéroports saisonniers. La Commission européenne considère toutefois que les difficultés restent localisées et privilégie des solutions ciblées plutôt qu’une interruption générale du dispositif.