
Une salle victime des bombardements
L’histoire commence pendant la Seconde Guerre mondiale, les raids allemands endommagent le bâtiment du Natural History Museum et une partie de ses collections. L’herbier du musée, où sont conservés les spécimens de plantes séchées, est touché. Il faut reloger d’urgence ce qui a survécu ! Le musée choisit une grande salle du deuxième étage du bâtiment Waterhouse qui avait servi de galerie d’ostéologie en 1893, puis de galerie des mammifères en 1911. Les squelettes cèdent la place aux plantes, on installe des armoires en bois et en 1943 la salle est fermée au public. Elle ne rouvrira plus. Pendant plus de huit décennies, elle reste une réserve botanique que seuls les scientifiques traversent !
Détail qui compte pour l’ambiance : les armoires en bois de l’herbier n’ont pas été démontées. Les visiteurs découvriront donc une salle qui porte encore les stigmates du passé, pas un espace repeint à neuf.
« Nature and Us » : 50 objets sans aucune logique chronologique
La nouvelle exposition s’appelle Nature and Us et raconte l’évolution du rapport entre l’humain et le vivant. On y trouve Jenny, squelette d’un phoque moine de l’époque victorienne. Une hache de pierre vieille de 400.000 ans, retrouvée aux côtés de restes de mammouth laineux. La réplique d’une mâchoire de chien domestiqué datée d’environ 14.300 ans, l’un des plus anciens connus en Grande-Bretagne. Une maquette miniature des dinosaures de Crystal Palace, ces sculptures victoriennes anatomiquement fausses mais absolument adorables ! Et, au milieu de tout ça, un jouet Star Wars des années 1980 recouvert de bryozoaires, ces minuscules animaux marins coloniaux qui se sont installés sur le plastique après un séjour en mer… A première vue, cela paraît franchement brouillon, mais cela résume plutôt efficacement 80 ans de relation entre l’humain et la nature !
Gratuit, mais pour 18 mois seulement
L’accès est entièrement gratuit, comme le reste du musée. L’exposition est prévue pour durer 18 mois. Ce n’est pas une fin en soi : le musée s’en sert de galerie test avant l’ouverture d’un espace permanent sur les mêmes thèmes, annoncé pour 2029. « Rouvrir cette salle remarquable est un moment enthousiasmant pour le musée. Pour la première fois en plus de 80 ans, les visiteurs vont pénétrer dans ce magnifique espace historique », déclare le Dr Doug Gurr, directeur du Natural History Museum, au Sun.
Une salle par an jusqu’en 2031
Cette réouverture s’inscrit dans le programme NHM150 qui prévoit d’ouvrir ou de rénover une galerie chaque année jusqu’en 2031, année des 150 ans du musée. Objectifs affichés : un million de visiteurs annuels supplémentaires et dix millions d’écoliers et de familles touchés ! Le financement mêle argent public via le NERC et mécénat privé, dont celui de Björn Savén.
Le détour vaut-il le coup depuis la Belgique ?
Londres est à deux heures de Bruxelles-Midi en Eurostar et le Natural History Museum reste l’un des rares grands musées européens totalement gratuits. Mais finalement, le vrai argument, c’est peut-être la salle elle-même. Un espace qui n’a pas beaucoup bougé et que pas grand-monde n’a vu depuis Churchill, ça ne se représentera pas de sitôt !