
30 jours, 2 frontières terrestres et c’est tout
Le texte a été publié à la Gazette royale le 31 août 2026 et entre en vigueur 15 jours plus tard, comme le veut la procédure. 60 pays et territoires (en ce compris, la Belgique, la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon…) gardent leur exemption de visa, mais avec un tampon de 30 jours à l’arrivée. D’autres pays connaissent d’autres aménagements également, mais rarement dans le « bon » sens…
Une ligne du texte vise clairement les habitués du border run : les entrées par voie terrestre sous exemption sont désormais plafonnées à deux par année civile. Seuls les voisins de l’ASEAN (Brunei, Indonésie, Malaisie, Singapour) échappent à la règle.
Pourquoi Bangkok referme le robinet ?
Officiellement, le royaume dit avoir revu sa copie « en tenant compte de la sécurité, de l’économie ainsi que de la promotion du tourisme national ». Traduction : les 60 jours accordés en 2024 pour relancer la machine post-Covid ont surtout servi de zone grise. Travail dissimulé, locations gérées depuis une chaise longue, arnaques en ligne opérées depuis des villas de bord de mer : la Thaïlande a passé deux ans à constater les effets secondaires de sa générosité. Le nouveau régime simplifie au passage un empilement devenu illisible entre exemptions, visas à l’arrivée et accords bilatéraux.
Ce qui change concrètement pour un voyageur belge
Bonne nouvelle d’abord : la réforme n’est pas rétroactive. Un voyageur entré avant le 15 septembre garde le tampon de 60 jours qu’on lui a apposé et n’a aucune raison d’écourter son séjour. Jusqu’au 14 septembre inclus, l’immigration continue d’ailleurs de délivrer l’ancien format !
Après cette date, tout se joue à l’entrée. Une prolongation de 30 jours reste possible auprès des bureaux d’immigration, pour environ 1.900 bahts, soit une cinquantaine d’euros. Elle n’a rien d’automatique : un passeport constellé d’allers-retours peut suffire à essuyer un refus et les modalités précises de cette extension n’ont pas encore été détaillées par les autorités.
Pour dépasser le mois, mieux vaut anticiper. Le visa touristique demandé en ligne avant le départ via le système e-Visa reste la voie la plus sûre, avec des séjours pouvant aller jusqu’à 60 jours par entrée. Et dans tous les cas, la carte d’arrivée numérique TDAC reste obligatoire pour chaque entrée sur le territoire, exemption ou pas !
Attention enfin au réflexe classique : sortir vers le Laos, le Cambodge ou la Malaisie puis revenir ne restaure pas l’ancien régime ! Chaque retour compte comme une nouvelle entrée, soumise aux règles du jour… Et on le répète, si vous entrez et sortez sans visa, ce ne sera possible que deux fois !
Un tourisme thaïlandais un peu à la peine ?
Le timing interpelle, parce que la Thaïlande n’est pas exactement en position de force. Le pays a enregistré 20,3 millions d’arrivées internationales depuis janvier, soit près de 3 % de moins qu’en 2025. Les analystes tablent désormais sur environ 31,7 millions de visiteurs sur l’ensemble de l’année, contre 32,7 millions espérés initialement. Il faut dire que la fermeture des aéroports du Moyen-Orient, servant souvent de tremplin pour visiter l’Asie, y est évidemment pour quelque chose…