À chaque embarquement, le rituel est immuable : merci d’éteindre vos appareils électroniques ou de les passer en mode avion. Une consigne qui fait lever plus d’un sourcil, surtout à l’ère du Wi-Fi en cabine et des cockpits ultra-connectés. Alors, cette règle est-elle encore indispensable ou simplement superflue ?
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À l’origine, la crainte était technique. Les appareils électroniques personnels émettent des ondes électromagnétiques susceptibles, en théorie, d’interférer avec les systèmes de navigation et de communication de l’avion. En effet, les premiers avions de ligne ont été conçus bien avant la généralisation des smartphones, tablettes et autres liseuses. Il a donc fallu des années de tests, de certifications et de procédures pour s’assurer que tout ce petit monde pouvait cohabiter sans se marcher sur les ondes…
Aujourd’hui, les avions sont-ils vraiment sensibles ?
Soyons clairs : les avions modernes sont certifiés pour tolérer les appareils électroniques du quotidien. Preuve évidente : pilotes et personnels navigants utilisent eux-mêmes des tablettes pour consulter cartes, plans de vol et check-lists. Autrement dit, un téléphone allumé ne va pas soudainement transformer votre vol en épisode catastrophe. Le risque de crash lié à un appareil resté en mode normal est quasi nul.
Alors pourquoi insister sur le mode avion ?
Parce que le sujet ne se limite pas à la sécurité brute. En vol, un téléphone non réglé en mode avion cherche en permanence à se connecter à des antennes au sol. Or, à près de 800 km/h, il les survole plus vite qu’il ne peut s’y accrocher. Les conséquences ne sont donc pas anodines, avec des tentatives de connexion répétées, donc une batterie qui fond rapidement et surtout, des émissions radio inutiles. Pris individuellement, c’est anodin. Mais multiplié par des dizaines (voire des centaines) de passagers, cela peut générer un bruit parasite dans les casques des pilotes !
En aéronautique, la sécurité est considérée avec une énorme discipline et elle repose sur un principe simple : éliminer tout ce qui est évitable. Même un désagrément mineur devient inutile s’il peut être supprimé d’un simple clic.